HITLER ET LES FEMMES :
UN TIMIDE
PART I

On a tout dit et tout écrit sur la vie affective et sexuelle de Hitler au point d'affirmer même qu'il était mono-couillard (archives médicales soviétiques) ce qui, selon son docteur personnel Theo Morell, est faux mais cet homme n'est pas très crédible et on peut douter qu'il se soit jamais penché sur les parties du grand homme.
Toutefois, les légistes soviétiques sont formels : le cadavre mal calciné de Hitler, déterré dans la jardin de la Chancellerie en mai 1945, ne portait qu'un testicule.
Quoiqu'il en soit, résumer la vie amoureuse et sexuelle d'Adolf Hitler en quelques lignes tient de la gajeure. Pourtant, elle semble se limiter à un petit nombre de femmes et avoir été marquée par un fort complexe oedipien, Hitler étant positivement amoureux de sa mère, Klara.
Jeune homme, Hitler sera timide et réservé avec les femmes. Sa réserve fondra comme neige au soleil avec sa montée au pouvoir et il deviendra un pervers sado-maso, machiste, jaloux et poussera plusieurs femmes au dégoût d'elles-mêmes et de la vie.

C'était une assez jolie jeune femme douce et attentionnée, mais possessive, aux grand yeux clairs dont il hérita son regard magnétique qui fascina bien des gens et pas des moindres. Non seulement il fut son " Adi chéri" et son favori mais aussi son protégé contre les rigueurs, les intempérances et l'incompréhension d'un Papa qui se faisait appeler à la maison "Herr Vater" (Monsieur Père). Il fut aussi, selon le psychologue américain Walter Langer qui a publié en 1943 à la demande de l'OSS un étrange livre sur la psychologie de Hitler (1), le témoin à une ou plusieurs reprises de scènes de "viol conjugal" qui l'auraient marqué à jamais et laissé des traces douloureuses et aisément ravivées. On imagine facilement le tissu de contradictions offert par un homme qui se complait dans la dignité du Monsieur Père mais qui aurait arraché -selon Langer- sous la contrainte et la violence -parfois à coups de fouet- des gratifications sexuelles à sa femme. Ce tissu -pour les "psy" qui se sont penchés sur le cas Hitler- aurait fait naitre chez l'enfant le besoin de rechercher et trouver un super-modèle dont il se serait servi pour atteindre son équilibre personnel. C'est dans l'armée allemande et les lectures de Schopenhauer qu'il trouvera ce modèle à partir de 1914 ce qui peut expliquer le cote lèche-cul de sa conduite vis a vis d'officiers supérieurs et son admiration sans borne pour Ludendorff et Hindenburg, voire Napoléon, César ou Alexandre le Grand. Son rejet du père est si violent qu'à la différence de tous les Allemands de sa génération, il ne fera jamais référence à l'Allemagne comme "Vaterland" mais comme "Mutterland" (mère-patrie). Cela dit, sur un plan pratique, Hitler semble avoir eu vis à vis des jeunes filles et des femmes en général une attitude timide et réservée durant son adolescence et sa jeunesse.

En revanche, les Américaines savaient comment traiter Hitler

Alors qu'il n'était qu'un teenager en vacances dans le Tyrol, il recut les avances d'une jeune fille en train de traire une vache dans une étable. Pris de gêne, il fit un pas de refus en arrière et renversa une lampe à huile, manquant de peu de provoquer un incendie. Trente cinq ans plus tard, dans son bunker assailli par les alliés, il évoquera encore la scène ce qui en dit long sur sa maturité et son affectivité . Son ami d'enfance August Kubizek (avec lequel il vivra à Vienne pendant plus d'un an) écrira, après la guerre, qu'il a été follement amoureux pendant plusieurs années d'une jeune fille de bonne famille nommée Stephanie (2) de deux ans son ainée à laquelle il envoya des lettres anonymes peu avant son départ pour Vienne en 1908. Retrouvée après la guerre, Stephanie nia sinon avoir reçu des lettres d'un soupirant anonyme, du moins avoir su qu'il s'agissait d'Adolf. Il est permis d'en douter mais cela n'empêche rien au fait qu'Hitler était du genre à ne pas oser se déclarer. Peur du refus, orgueil d'adolescent timide ou conscience de quelque chose de plus profond comme une infirmité physique ? L'explication facile est de dire qu'il s'estimait alors trop pauvre pour avoir ses chances : il expliqua à son ami Kubizek qu'il se déclarerait lorsqu'il serait devenu un artiste ou un architecte connu et respecté.

ll fallait tout de même être sérieusement attirée par le pouvoir pour avoir envie de se glisser dans les draps de ce type.
Hitler n'était certes pas du genre de ceux qui conquièrent les femmes à la force du poignet par bravade, bluff ou simplement confiance en soi. Dans la mesure où cette race est assez rare, il est difficile de le lui reprocher. Il n'en reste pas moins que le jeune Adolf était un gros timide avec les femmes. Kubizek va même jusqu'à conclure dans le livre qu'il écrira que Hitler ne pouvait vivre une romance que dans son imagination et qu'il aurait été incapable de supporter la réalité d'une aventure. Son affaire ultérieure avec sa nièce Geli Raubal prouvera la triste vérité de cette supposition. Le témoignage de Kubizek n'a pas toujours été pris au sérieux par les historiens pour deux raisons : d'une part, le livre aurait été écrit par un "nègre" qui en aurait rajouté à partir des souvenirs de Kubizek, d'autre part, Kubizek a souvent été accusé d'avoir une complaisance coupable pour son ami d'enfance ce qui nuit à la crédibilité de son témoignage.

Il n'en reste pas moins que, pendant ses années viennoises, on ne lui connait pas d'aventures bien que, selon Kubizek, il eut un succès certain auprès des femmes, notamment un peu plus âgées, du fait de son allure modeste mais distinguée et de ses airs lointains. Si les femmes plus âgées ont parfois tendance à préférer les timides, Hitler ne semble pas en avoir profité.

iHitler n'avait pas besoin de toucher ses victimes pour les souiller et briser leur vie. Un poster de ce genre suffisait. Le pédophile sévissait en images.
August Kubizek vécut avec Hitler dans une chambre d'une modeste pension de Vienne. Kubizek fut admis au Conservatoire de musique au moment où Hitler fut refusé aux Beaux Arts. Sa carrière toutefois fut détruite par la première guerre mondiale et il finit comme obscur employé de commerce. Il sera néanmoins un témoin de première main de bien des heures du jeune Adolf qui a alors 18 ans. Les Américains lui en tiendront d'ailleurs rigueur au point de l'incarcérer pendant 18 mois à la fin de la guerre. Son interrogatoire donna lieu à un échange qui vaut la peine d'être cité et souligne la grande subtilité des Yankees dès qu'il s'agit de psychologie humaine. Dans un livre paru en 1953 sous le titre "Adolf Hitler, mein Jugendfreund", jamais publié en francais, il relate en ces termes un fragment de ses interrogatoires :
Question du "psy" américain :
- Plus tard (sous entendu quand il était Chancelier), il vous a revu ?
- Oui.
- Souvent ?
- Quelquefois.
- Comment pouviez-vous venir jusqu'à lui ?
- J'allais le voir.
- Et alors vous étiez avec lui, tout près de lui ?
- Oui, tout près.
- Seul ?
- Seul.
- Sans surveillance ?
- Sans surveillance.
- Vous auriez pu le tuer ?
- Oui.
- Et pourquoi ne l'avez-vous pas fait ?
- Parce qu'il était mon ami.

Autant reprocher aux séminaristes qui étaient leurs compagnons de ne pas avoir tuer Staline ou Raspoutine à l'occasion de retrouvailles. En tout cas, Hitler, lorsqu'il aura fini de croquer l'héritage maternel. honteux de n'avoir plus le sou, mettra fin brutalement à son amitié avec Kubizek, sans un mot et sans plus jamais donner signe de vie. Il quittera la chambre qu'ils louaient en commun et Kubi découvrira à son retour de vacances que Hitler avait fui les lieux sans explications. Dès cette époque, l'orgueil et la vanité de Hitler étaient au-dessus de toute amitié. Après la guerre et les bonnes lectures de Shopenhauer, Hitler sera totalement étanche à tout sentiment humain. Après cet episode américain navrant, revenons à Hitler. Toujours élégant, bien mis, soucieux de son apparence, le jeune Hitler des premières années de galère, alors qu'il avait encore l'argent de l'héritage maternel, plaisait aux femmes mais n'en a pas profité. Kubizek ne comprendra pas ce refus de se jeter à l'eau et de jouir de ses charmes. Car l'Hitler des années 10 n'a rien à voir avec le Fuhrer postillonant et furibard des années 30. Il est modeste, quoique assez sûr de sa valeur et de sa mission, soucieux d'apprendre et de se cultiver, se rend fréquemment à l'Opera et au concert, lit et disserte à perte de vue dans les cafés. Il plait et -selon Kubizek- ne répond meme pas aux avances les plus pressantes et aurait été encouragé dans cette voie par une peur panique des maladies vénériennes, notamment de la syphilis qui sévit dans la Vienne du début du siècle. Il fuit les prostituées - qui pullulent à Vienne à cette epoque - comme la peste et n'a jamais accepté une avance de l'une d'elles, au moins en présence de "Kubi."
Hitler et son égérie, la cinéaste Leni Riefenstahl, auteur de documentaires nazis à la gloire du corps humain
Hitler ira même jusqu' à dire à Kubizek qu'il en voulait au gouvernement de ne pas s'en prendre serieusement à cette "peste" (la syphilis) qui ravageait la "santé" de la nation. Selon son héphémère associé Hanish, Hitler était du genre à respecter les femmes mais à les considerer comme essentiellement utiles dans la maison. Il avait, dira Hanish, "des vues décentes sur les femmes". En réalité, il semble bien que Hitler ait également refusé de s'investir dans une relation sérieuse par peur de perdre son indépendance et plus tard d'être détourné des immenses charges que faisait peser sur lui le titre de Reichfuehrer comme il le déclarera à Leni Riefenstahl, la cinéaste du IIIème Reich, au cours d'une interview à la Chancellerie en 1937. D'aucuns évoqueront des caractéristiques féminines, telle son écriture et sa mise soignée, pour invoquer des tendances homosexuelles, voire des pratiques. La facon dont il traitera les homosexuels permet en effet de se poser pas mal de questions : on verra ce chapitre de la personnalité de Hitler dans une autre question intitulee "Adolf etait il un gay refoulé"?
Plus de 40 ans après la disparition de son pote Adolf, Leni Riefenstahl continuera de s'illustrer dans l'exaltation de corps humains...noirs. La race aryenne avait fait long feu.
Toujours est-il qu'on ne connait que peu d'aventures à Adolf. Les historiens officiels lui prêtent deux aventures, point final : sa nièce Angelika "Geli" Raubal, fille de sa demi-soeur et bien sûr la légendaire et stupide Eva Braun, assistante du photographe officiel du parti Nazi, Hoffmann. Ses années viennoises sont vierges de traces féminines, si on peut dire, de même que ses années de guerre ce qui est plus compréhensible. Personne n'a jamais rapporté de fréquentations de péripatéticiennes viennoises ou munichoises, ni des sinistres bordels militaires de campagne. Ce n'est qu'après la guerre, alors qu'il entre en politique et commence à acquérir une certaine assurance, qu'il va -sinon jeter son dévolu sur les femmes- au moins devenir l'homme qui monte sur lequel des égéries bien nées et plus âgées jetteront le leur.
Voici comment Hitler conquérait le coeur des femmes. Regardez l'air attendri et béat des deux Allemandes en arrière-plan et tout devient clair. Hitler ne baratinait pas les femmes, il cajolait les enfants.

Parmi les plus célèbres furent Carola Hoffman, une veuve de 61 ans, qui dès 1920 le prend sous son aile protectrice et le lance dans le monde berlinois, mais surtout Helena Bechstein, épouse du célèbre faiseur de pianos, qui prit la relève de la Hofman au point d'affirmer qu'elle aurait aimé avoir Hitler comme fils. Elle le visita souvent quand il était en prison en 1924 apres le Putsch manqué de la Brasserie de Munich et l'obligea quasiment à demander sa propre fille en mariage, une jeune fille assez laide du nom de Lottie. Hitler s'acquitta de la tâche par sens du devoir envers sa protectrice mais fut decliné par la jeune femme qui, pour être laide, n'en manquait pas pour autant de bon sens ou d'intuition. Il semble que l'échec de Hitler à conquerir le coeur de la belle ait refroidi les ardeurs de la putative belle-mère. Mais la plus notable des égéries hitlériennes fut Frau Victoria von Dirksen, belle-mère de l'ambassadeur d'Allemagne à Moscou, et veuve du magnat qui construisit le métro de Berlin. Ce fut dans son salon qu'eut lieu la célèbre entrevue entre Hitler et la seconde femme de l'ex-Kaiser en exil, Hermine Hohenzollern, au cours de laquelle il refusa à cette dernière le retour en grâces de son mari. Victoria von Dirksen dépensa des fortunes pour faciliter l'arrivée au pouvoir du parti NSDAP. Toutefois, toutes ces relations furent platoniques, Hitler se contentant de ces faveurs féminines dans leur expression financière ou morale. Il agit souvent, reporte Rausching dans "Hitler m'a dit", comme un caniche, allant jusqu'à s'asseoir aux pieds de ces protectrices et les laissant lui caresser les cheveux et l'appeler "mein woelfchen" (mon petit loup).

Diana Guinness, devenue Diana Mosley, fit partie de ces stupides aristocrates anglaises qui tombèrent amoureuses de Hitler et de ses théories fumeuses.
Platoniques aussi les relations très soutenues toutefois avec deux britanniques, les deux filles de Lord Redesdale, Diana Guinness, épouse d'un membre de la dynastie des brasseurs et sa jeune soeur Miss Unity Mitford, toutes deux sympathisantes du parti fasciste de Sir Oswald Mosley (Black Shirts) et amies intimes de Winifred Wagner, anglaise de naissance et belle-fille du compositeur. Après son divorce de Brian Guinness, Diana épousera Mosley. Unity, "Bobo" pour les intimes, née en 1914, tombera amoureuse de Hitler et de ses idées au point de se tirer une balle dans sa jolie tête d'aristocrate un peu fêlée le jour de la déclaration de guerre du Royaume Uni à l'Allemagne nazie. Hitler la laissera être rapatriée à Londres en 1940 par train special : elle survivra jusqu'en 1948 à un "bobo" qui transforma une fêlure légère en débilité profonde. Son grand-père Algernon Bertram (Lord Redesdale) (1837-1916) avait écrit l'introduction au livre raciste de Houston S. Chamberlain, "The Foundations of the Nineteenth Century". Bon sang aryen ne saurait mentir. Hitler aurait eu un faible pour Unity mais aurait refusé ses avances car, comme il le disait alors à Leni Riefensthal, son devoir était ailleurs :"Le mariage me plongerait dans une mer de responsabilités me détournant de celles qui m'engagent vis-à-vis de mon peuple. Le moins qu'on en puisse dire c'est que les décisions que je serais appelé à prendre seraient d'une telle importance que je ne pourrais me permettre une erreur. Car… si les choses devaient tourner mal, je ne l'accepterais ni pour moi, ni pour mon peuple. Une belle dans la tête serait l’unique solution!". Encore une belle excuse mais de taille. Comment des êtres témoins de tels propos dès les années 30 n'en ont pas conclu immédiatement que le Fuhrer était un dangereux malade à l'esprit confus reste un mystère. L'ambition et les préjugés de classe expliquent beaucoup de choses mais tout de même... Enfin, une des plus célèbres liaisons "platoniques" du peintre sans avenir devenu Don Juan nazi fut l' anglaise Winifred Williams, née a Hastings (Angleterre) et devenue Frau Siegfried Wagner.
Winifred ne tarda pas à oublier sa passion pour Siegfried et tomba littéralement amoureuse de Adolf Hitler

En 1915 en effet, elle avait épousé le fils de Richard, bien plus âgé qu'elle, qu'elle avait rencontré l'année précédente au festival de Bayreuth : elle devint une admiratrice passionnée d'Adolf à qui elle apporta en prison le papier sur lequel il écrivit "Mein Kampf".

Adolf Hitler et Winifred Wagner, cote à cote, au Festival Wagner de Leipzig en 1934, dégustant avec sérieux le menu du jour d'ouverture.
En 1933, veuve depuis trois ans, ses relations avec le Fuhrer devinrent si intimes que des rumeurs de mariage se répandirent. Nul ne sait si les relations furent autres que platoniques mais Hitler une fois encore renonca à convoler en justes noces, même avec une Wagner. Quarante ans plus tard, tel Casanova sur son lit de mort, la vieille dame déclarera qu'elle ne regrettait rien et que rencontrer Hitler avait été "l'expérience qu'elle n'aurait jamais voulu rater". L'idiote absolue. Ite missa est.

Hitler et les femmes Part II

(1) The Mind of Adolf Hitler 1943, Basic Books NY 2édition 1972. Epuisé mais disponible sur le Net.
(2) Sur les étranges conclusions que certains peuvent tirer de cette "aventure" avec Stephanie, lire le premier chapitre de l'ouvrage de François Delpla, Hitler

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