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HITLER AVAIT-IL DU GENIE?
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On peut penser ce qu'on voudra de Ford, mais personne ne peut nier qu'il a l'air d'avoir plus de génie que HitlerHenry Ford, autre autodidacte, l'admirait mais Ford avait du génie -au moins industriel- et il finit par renier ses engagements anti-sémites, bien qu'il continua secrètement à admirer Hitler.
Malgré la cohorte de misères, d'horreurs et de ruines laissées par le Nazisme, certains fans du personnage n'ont cessé de nous rabattre les oreilles avec son "génie", sa "clairvoyance", ses "visions", ses "prophéties". Les sites Internet de ce genre - sous un prétexte ou un autre- pullulent et il est facile d'en donner quelques exemples : exemple 1 qui tente carrément une réhabilitation, exemple 2 qui fait l'apologie de l'individu, exemple 3 qui nous le montre comme un grand réformateur social... Quarante ans après la fin du IIIème Reich, certains ex-nazis non repentants, comme Léon Degrelle, clamaient toujours du fonds de leur exil son génie. Si l'on s'en tient à ce que disaient ses professeurs, Hitler n'a jamais frappé personne par ses visions géniales, ses travaux remarquables et ses incontournables facultés d'analyse. A l'école, il était un élève moyen, capable selon les jours et les disciplines de bons résultats, mais totalement dépourvu de faculté de concentration. En outre, il quitte l'école à 16 ans -semi-illettré- pour ne jamais y revenir et se donnera une sorte d'auto-instruction dans ses années de galère à Vienne en ingurgitant tout et n'importe quoi, avec le discernement relatif de l'autodidacte et de l'ambition inassouvie qui le caractérisait. A Munich, avant la mort de Klara Hitler, il a suivi brièvement l'enseignement d'une école de dessin, un apprentissage inachevé une fois encore et dispensateur d'une formation intellectuelle limitée. On manque par conséquent totalement de sérieuses références scolaires ou académiques pour juger des capacités intellectuelles du jeune Adolf.
Du génie se cache-t-il derrière cet air buté et content de soi ?A Vienne, où il revient après la mort de sa chère Maman, il sera influencé par des hommes politiques plus que par des penseurs, des savants ou des hommes de l'art ; en outre, il s'agira le plus souvent d'extrémistes sans nuances ou subtilité et leur influence sera plus destructrice que positive. Il s'agit essentiellement du poète raciste Dietrich Eckart, du député-aristocrate Georg von Schoenerer, un anti-sémite virulent, et du maire de Vienne, Karl Lueger, fondateur du Parti Anti-Sémite. Lueger avait tout de même des idées sociales assez avancées, voire très en avance sur son temps, et elles sèmeront les graines de ce qui deviendra chez Hitler la matrice national-socialiste. Les seuls "penseurs" qui auront une influence sur Hitler sont l'anglo-allemand Houston S. Chamberlain, gendre de Wagner et auteur de "Die Grundlagen des 19. Jahrhunderts" (La Genèse du XIXème siècle, 1899), ouvrage de base de la pensée anti-sémite du XXème et l'ukrainien juif Alfred Rosenberg qui reprendra en partie dans son "Mythe du XXème siècle" (1930) les thèses de Chamberlain. On notera au passage que les auteurs qui ont le plus influencé Hitler sont l'un anglais, l'autre juif. Pour quelqu'un qui mettait la pureté de la race allemande au-dessus de tout, il y a là une contradiction qui ne relève pas du génie mais de la confusion mentale. En 1927, alors qu'il n'est encore que le chef d'un petit parti nazillon, Hitler se rendra aux funérailles de Houston S. Chamberlain.En tout cas, il ne fait pas de doute que le Hitler d'après-guerre, dégoûté par le métissage de la Vienne d'avant-guerre, rendu hystérique par les horreurs du premier grand conflit des puissances christo-capitalistes, va littéralement "péter les boulons" en 1919 et se lancer dans un délire socialiste, anti-chrétien et anti-sémite qui lui fera rejeter le socialisme soviétique, la tradition chrétienne et le capitalisme impérial, tous trois "rongés par le Judaisme". Il n'y aura qu'une seule voie pour l'autodidacte qui écrit "Mein Kampf" en 1923, c'est la voie "Adolf Hitler", fondée sur la force brutale, la conviction d'avoir raison contre tous et malheureusement sur rien de solide comme une bonne instruction, une connaissance de ses forces et faiblesses, bref l'apprentissage intellectuel que donnent l'école, l'université et les examens. Le nazisme ne sera jamais qu'un fourre-tout d'autodidacte qui séduira les masses crédules, les élites fascistes, les arrivistes et les charlatans.
![]() Un génie, ce type servile qui s'abaisse devant Hindenburg ? Ou un lèche-cul opportuniste prêt à tout ?En fait, sa formation intellectuelle sera -pour appeler un chat un chat- celle d'un "jeune con" assoiffé de pouvoir, de reconnaissance, de gloriole et dévoré d'ambition. Aucun maitre ne le remettra jamais à sa place, aucun examen ne lui permettra de mesurer ses réelles capacités artistiques ou intellectuelles : le refus de l'Ecole des Beaux Arts de l'intégrer comme étudiant ne sera pas percu par Hitler comme un test de sa valeur réelle mais comme un camouflet insupportable à ses grandes aspirations et à la grande idée qu'il entretient de lui-même. Hitler qui manque de confiance en lui et qui s'est toujours débrouillé pour éviter d'être jugé, jaugé, évalué et pesé, va ressentir l'exclusion comme un camouflet immérité et non pas comme la juste appréciation de gens qui savent ce qu'ils font. Il va en garder de la haine, du mépris et un désir de revanche meurtrier. Lorsqu'il découvrira en 1919 que ses énergies refoulées, ses talents méconnus ont favorisé la naissance d'une puissance oratoire haineuse et revancharde mais qui galvanise un peuple allemand humilié et un public désemparé, Hitler va peu à peu se convaincre qu'il a du génie et que les idées mal dégrossies d'un autodidacte fumeux peuvent devenir les lignes directrices d'un plan, d'un projet, d'un destin national et mondial... Hitler qui croyait à la vertu du mensonge sera la première victime de ses propres mensonges mais dans un premier temps ces mensonges le porteront au pouvoir puis à la dictature. ![]() Une hystérique calculatrice trop fardée qui épousa Goebbels pour être plus proche de son Fuehrer bien aimé, elle laissera son mari déporter en camp de concentration son beau-père, Richard Friedländer, qui était juif. Elle entrainera ses six enfants dans la mort en les empoisonnant.Où est le génie dans tout ça ? Il n'apparait pas. Les fanatiques de Hitler le deviendront le plus souvent par ambition aveugle, telle Magda Goebbels, la femme du chef propagandiste du Reich. Dévorée d'ambition, tout comme son idole Adolf, elle se répandra toute sa vie dans les salons sur le génie du Führer. Ils finiront tout deux de la même façon dans le même sinistre bunker assiégé par les Russes : par le suicide.Magda entrainera ses six enfants dans la mort, Adolf se contentera de son épouse, la très stupide Eva Braun. Le génie de Hitler fut de faire croire à des hommes et des femmes morts d'ambition et à un peuple dont les qualités de bâtisseur ne sont plus à démontrer qu'il avait du génie parcequ'il les flattait : il leur donnait par des propos démagogiques le sens de la grandeur impériale perdue et par l'anti-sémitisme un puissant aliment au romantisme allemand, exaltant le sens de la race, du peuple supérieur. Le génie d'Adolf, c'était le génie du mensonge et de la démagogie, comme il l'avait dit à som ami Kubitzek dès les années 10. Pendant longtemps, les pharaons se sont servis des talents des Juifs pour bâtir des monuments et un empire à leur gloire. C'était leur génie. Hitler a commis l'erreur d'écarter les Juifs de son projet et de se fonder seulement sur les énormes capacités du peuple germanique. Sans voir à quel point l'aveuglement de ce dernier et sa capacité d'obéissance les entrainaient ensemble dans une spirale infernale dont les soubresauts finaux causeront la ruine du Reich, de l'Allemagne et des illusions d'une entière génération. ![]() Un pied-bot vaniteux, honteux flatteur des basses passions de son Chef, Goebbels était prêt à tout pour imposer sa hargne haineuse dans le sillage de HitlerDu génie, Hitler ? Non, une présomption incommensurable, une arrogance aveugle, un entêtement criminel, une vanité insondable, mais certainement pas la marque du génie. En aurait-il eu qu'il se serait avéré, en tant que Chef Suprême des Armées, être un Cesar invaincu, un Alexandre le Grand imbattable, un Napoléon triomphant. Or, dès 1941, la roue du succès tourne et le bluffeur qui avait imposé une guerre éclair à un Commandement français qui ne voulait pas se battre ira de défaites en défaites, toutes sans exceptions dûes à la faiblesse de ses analyses, la mesquinerie de ses réactions, l'obstination de ses vues et l'incapacité à apprendre des erreurs du passé. Hitler du génie ? De l'arrogance et de la vanité à revendre et que trop de bons Allemands (et de moins bons) ont acheté au comptant sans bénéfice d'inventaire. Au titre du génie, tout ce qu'on peut accorder à Herr Hitler, c'est d'avoir eu des idées. Trop d'idées, les idées désordonnées d'un malade mental où il faut être fou soi-même pour voir du génie. |