De 1939 à 1945, des dizaines d'hommes, seuls ou en groupes, ont tenté de libérer l'Allemagne de son Fuehrer fou. Tous ont échoué, la plus souvent à cause de contre-temps imprévisibles ou tout simplement de la chance insolente de Hitler. Au total, 17 tentatives ou préparations d'assassinat ont eu lieu dont voici les plus célèbres. Il est donc faux de dire que Hitler a toujours été adoré par son peuple. Des milliers de bons allemands l'ont hai et ont tenté de le tuer.
L'horrible clique nazie dont aucun attentat n'est parvenu
à débarrasser le monde a eu bien de la chance. Au total, 17 tentatives d'assassinat
ont cherché à l'éliminer en tout ou en partie. Certains attentats contre Hitler ont été annulés au prétexte que Himmler ou Goering n'étaient finalement pas présents comme prévu. C'est dire que ce n'est pas seulement Adolf Hitler que les conjurés ont parfois cherché à éliminer mais la crème (sic) de la vermine nazie que certains avaient en horreur.
Chronologiquement, les principales tentatives de meurtre contre Hitler se sont déroulées de la façon suivante :
PREPARATION #1 : AVANT GUERRE 1939
dès avant les hostilités, les généraux allemands avaient prévu de détruire la menace hitlérienne et la personne du Fuehrer. Le général Kurt von Hammerstein essaya à plusieurs reprises d'attirer Hitler dans les fortifications de la ligne Siegfried en vue de provoquer un "accident de travail". Hitler n'a jamais répondu aux invitations du général.
TENTATIVE #1 : MUNICH 1939
le 8 novembre 1939, à Munich, un certain Georg Elser, horloger suisse qui travaille en Allemagne depuis plusieurs années et ressent vivement les attaques des Nazis contre les syndicats, place une bombe à retardement dans une brasserie où Hitler va faire un discours. Hitler fait son discours mais l'abrège de quelques minutes et lorsque l'engin éclate, l'oiseau s'est envolé. Huit personnes sont tuées et Elser sera déporté en camp de concentration.
Les SS le pendront en avril 1945.
PREPARATIONS #3-4 ET TENTATIVE #5 : POLTAVA, UKRAINE 1943
Au printemps 1943, différentes tentatives vont avoir lieu lors du séjour du Fuehrer en Ukraine occupée. Trois plans vont successivement prendre corps et échouer : ils seront menés par le maréchal von Kluge, le capitaine Georg von Boeslager, le colonel Henning von Tresckow et le Lt. Fabian von Schlabrendorff avec le colonel Rudolf von Gersdorff. Chaque fois, une plus forte présence des gardes du corps SS qu'anticipée amena les comploteurs à renoncer. Le troisième et dernier plan avait prévu de substituer une bombe à retardement à une bouteille de cognac dans l'avion ramenant Hitler à Berlin mais le froid en altitude gela le détonateur de la bombe qui n'explosa pas. Personne ne fut soupconné car von Schlabrendorff substitua une vraie bouteille de cognac à la bombe lorsque les comploteurs se rendirent compte que le détonateur avait gelé.
PREPARATION #6 : PARIS 1943
le 27 juillet, Hitler était supposé assister à un défilé militaire de grande dimension à Paris alors sous la botte nazie. Le comte Fritz-Dietlof von der Schulenberg
prépara un attentat contre Hitler au moment du défilé mais Hitler annula sa participation à la parade et se contenta de faire un séjour touristique dans la capitale du 23 au 26 juillet. L'aristocrate comploteur en fut pour ses frais.
PREPARATION #7 : BERLIN 1994
en février, le capitaine Bussche décida qu'il commettrait un attentat-suicide contre Adolf Hitler lors de la démonstration d'un nouvelle veste militaire pour les mois d'hiver. Busssche avait prévu de s'attacher une bombe autour du ventre et de la faire péter sous le nez de Hitler. Hélas, la R.A.F. britannique eut la mauvaise idée de lancer un raid contre Berlin ce jour-là et la démonstration fut annulée. Capitaine Bussche et Hitler eurent la vie sauve.
PREPARATION #8 : BERGHOF 1944
le 11 juillet, le Lt-Colonel Claus von Stauffenberg, ancien de l'Afrika Korps, écoeuré des agissements nazis depuis longtemps, décide de passer à l'action. Il prévoit de déposer une bombe dans la salle de réunion du Berghof et de se faire sauter mais il est prévenu depuis Berlin que Himmler et Goering n'assisteront pas à la réunion et Stauffenberg annule son plan et retourne à Berlin pour préparer une nouvelle tentative.
PREPARATION #9 : RASTENBURG 1944
quatre jours plus tard, von Stauffenberg remet son ouvrage sur le métier et prévoit de faire péter une bombe à Rastenburg (Prusse orientale) où Hitler a son terrier. Au dernier moment, l'absence encore une fois de Himmler incite le conspirateur à reporter sa tentative.
TENTATIVE #10 : RASTENBURG 1944
Himmler, chef des SS, échappera aux tentatives d'assassinat contre son Fuehrer mais n'échappera pas à la mort, il se suicidera en 1945.
cette fois-ci, ce sera la bonne. Stauffenberg, aidé de plusieurs comploteurs dans l'armée, dépose le 20 juillet une bombe à retardement dissimulée dans un cartable de travail dans la salle de réunion des chefs nazis et militaires à Rastenburg où Hitler organise la guerre sur le front russe. Après avoir déposé l'engin de mort contre un pied de son fauteuil, Stauffenberg quitte la salle sous un vain prétexte. Gêné par le cartable, un officier déplace l'engin et le pose à l'extrémité de l'immense table de chêne. La bombe explose mais éloignée de Hitler, elle ne fera que le blesser légèrement. Elle tuera toutefois quatre personnes. Les conspirateurs, dont le Lt. Werner von Haeften, seront fusillés.
PREPARATION #11 : BERLIN 1945
Albert Speer, ministre de l'Armement de Hitler, qui finit sur le tard par en avoir assez de son Fuehrer bien aimé, tenta d'injecter des gaz mortels dans les systèmes de ventilation de la Chancellerie et du bunker de Hitler. Pour des raisons techniques, le complot ne put jamais être mené à bonne fin. Speer n'en sauvera pas pour autant sa réputation et fut condamné par le tribunal de Nuremberg à 20 ans de taule qu'il fera jusqu'à la dernière minute, soit le 30/09/1966. Il mourra en 1981.
Au total, même si les tentatives réelles ont été peu nombreuses (trois seulement), les
préparatifs d'attentats l'ont été beaucoup plus et la plupart ont été soigneusement étudiés et reposaient sur des intentions sérieuses. Hitler a eu beaucoup de chance.
En outre, ces contre-temps ou échecs montrent une fois de plus combien il est difficile et aléatoire de réussir un "coup" contre un tyran hyper-protégé, soumis à des changements d'emploi du temps fréquents et sujet lui-même à des sautes d'humeur qui altèrent les plans les plus élaborés.
Un autre tyran toujours en vie a lui aussi survécu à de très nombreuses tentatives d'assassinat, il s'agit de Fidel Castro. Quant à Bin Laden, le rapport de la Commission parlementaire mixte américaine sur les causes de 9/11 a bien montré que le désir et les tentatives d'assassiner le leader de Al Queida avaient été réelles antérieurement à l'attaque contre le World Trade Center mais une fois encore qu'il était plus facile d'envisager un meutre de ce type que de le perpétrer avec succès et un minumum de "casualties".